Les 3 esprits du tenzo


.Il n' y a rien d'autre à faire que de contempler la vie et la réaliser . Rien d'autre à faire de vivre sa vie dans l'extraordinaire de son ordinaire.

En cuisine , comme dans l'assise sans objet ( zazen) , la pratique est de rentrer dans la grande absorption de cette Vie et la laisser s'activer à travers nous.

- En zazen on trouve son axe et ainsi enraciné dans le monde on trouve sa place, on habite sa place. Dans la posture de l’arbre déployé, droit on permet a la vie de reprendre tout son espace parmi les lianes de nos pensées passagères.

- En cuisine, on garde cet axe du temps/ existence ( Uji) , où dans le mouvement de chaque action on découvre le présent qui ne s'arrête pas qui nous met en pleine intimité avec notre environnement.


Le tenzo ancre sa pratique dans les 3 esprits:

L'esprit vaste ( Daishin en japonais)

Ne pas juger les ingrédients, ni une tâche à exécuter plus importante qu'une autre mais considérer toute chose comme l'opportunité de vivre sa vie découle de l'esprit large et reste l'exercice principale de la pratique méditative de la cuisine.

le cuisinier travaille toute l'année et bien que les ingrédients diffèrent, que le potager ne donne pas toujours en abondance, il doit faire avec ce qu'il a et avec cette même énergie enthousiaste car c'est dans cette énergie constante que seul les grands maitres se révèlent.

"Il est crucial de ne pas grommeler à propos de la qualité des ingrédients mais plutôt de cultiver un tempérament qui les voient et les respecte pour ce qu'ils sont réellement"*

La fonction du tenzo au sein d'une communauté , aussi petite soit elle, permet d'exercer sa capacité à accueillir toute chose sans jugement, "ne soyez pas négligent et inattentionés seulement pace que les ingrédients semblent rustres et hésitez à travailler plus diligemment avec des produits de qualités supérieure. Votre attitude envers les choses ne doit pas être contingente à leur qualité.Une personne influencée par la qualité des choses ou qui change d'opinion ou de manières en accord avce l'apparence ou la position des gens qu'elle rencontre n'est pas quelqu'un qui pratique la voie"*.

Le grand esprit c'est apprendre à ne pas juger les choses, les actions ou les autres car tout est notre vie. Cuisiner avec l'esprit large c'est être bienveillant avec soi même en prétant attention à nos gestes, aux ingrédients dans le plaisir de servir les autres.


L'amour de la grand mère ( roshin )

Voir que tout ce qui nous ait donné, que chaque ingrédient reçu est là pour nous faire vivre est une experience profonde qui génère l'empathie, c'est l'amour parental.

Roshin vient de robashin, qui veut dire "grand mère et coeur", cet amour est celui qu'une grand mère porte à ses petits enfants.

Accueillir tous les produits avec une constante humeur parce qu'on les aime comme une grand mère est la seconde attitude que porte en lui le cuisinier zen.


La joie de la reconnaissance ( kishin)

Voir que le monde est entre nos mains à chaque instant c'est rentrer dans la gratitude tout en devenant responsable.

" Il n'y a pas de fabrication de la réalité, les hommes ordinaires autant que les saints vivent tous deux la réalité de la vie. Fondamentalement rien ne manque. Vous êtes ce que vous êtes maintenant. Vous devriez faire attention à cela!" *.

Rien ne nous manque et donc rien ne manque au monde, point de détachement necessaire quand nous sommes riches du monde et c'est de cette réalité que nait la joie profonde avec laquelle le tenzo cuisine.

Comprendre qu'il nous ait donné chaque jour le moyen de vivre et de réaliser le monde dans sa cuisine en travaillant parce que nous avons des bras et des jambes et que parmis les infinis paramètres nous sommes sur cette terre en tant qu'humains est la joie qui accompagne le cuisinier zen.

Voir que chaque ingrédient est la vie en soi et qu'elle est là pour nous amène la gratitude et l'envie de protéger ce qui nous ait donné.


* extraits du "Eisheingi"provenant des chapitres du "Fushukuhampo" et" instructions au cuisinier zen " de Dogen


le tenzo cuisine pour les 3 trésors :

- sa nature réveillé : notre esprit libéré de l'illusion de séparation ( bouddha)

- la réalité telle qu’elle est et le cadre de son activation ( dharma)

- la communauté : ceux qui permettent d’incarner cette vie en mouvement ( sangha)

Nourrir les 3 trésors c’est nourrir la vie , nourrir sa vie et cela ne peut que nous mettre en joie.

Etre confiant qu’en cuisinant on devient l’ingrédient de la vie universelle est une source de régénération pour soi mais aussi pour les autres ( systémique).

Etre certain que même pour soi, en tant que chef de la communauté de notre univers ( 100 mille millards de bactéries quand même !) comprenant également notre lignée familiale ( nos parents ..) et spirituelle ( nos maîtres) , citoyenne ( les hommes et les femmes qui ont donnés leur vie pour nos libertés) nous nourrissons la grande vie qui ne s'arrête jamais, ne peut qu’être qu’un honneur même quand cette pratique n'efface pas , au contraire la reconnaissance de toute la souffrance liée à la nourriture.



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shôjin Ryôri

cuisine regénérative 

cuisine de la juste mesure  

cuisine harmonisée