Les 3 esprits du tenzo

Dernière mise à jour : 29 oct. 2021

( French below)

The 3 spirits of tenzo

There is nothing else to do but to contemplate life and realize it. There is nothing else to do but to live one's life in the extraordinary of one's ordinary.

In cooking, as in sitting without an object (zazen), the practice is to enter into the great absorption of this Life and let it activate itself through us.

- In zazen we find our axis and thus rooted in the world we find our place, we inhabit our place. In the posture of the unfolded tree, upright, we allow life to take back all its space among the lianas of our passing thoughts.

- In the kitchen, we keep this axis of time/existence (Uji), where in the movement of each action we discover the present which does not stop and which puts us in full intimacy with our environment.


The tenzo anchors its practice in the three minds:

The vast mind (Daishin in Japanese)

Not judging the ingredients, nor one task to be performed more important than another, but considering everything as an opportunity to live one's life, stems from the broad mind and remains the main exercise of meditative cooking practice.

The cook works all year round and although the ingredients differ, and the garden does not always give in abundance, he must make do with what he has and with the same enthusiastic energy, for it is in this constant energy that only great masters reveal themselves.

"It is crucial not to grumble about the quality of ingredients but rather to cultivate a temperament that sees and respects them for what they really are.

The function of the tenzo within a community, however small, is to exercise the ability to accept everything without judgement, "do not be careless and inattentive just because the ingredients seem crude and hesitate to work more diligently with higher quality products. Your attitude towards things should not be contingent on their quality; a person who is influenced by the quality of things or who changes his opinion or manner in accordance with the appearance or position of the people he meets is not a practitioner of the path.

The broad mind is learning not to judge things, actions or others because everything is our life. To cook with a broad mind is to be kind to oneself by paying attention to one's gestures and ingredients in the pleasure of serving others.


Grandmother's love ( roshin )

Seeing that everything we have been given, that every ingredient we receive is there to sustain us is a profound experience that generates empathy, it is parental love.

Roshin comes from robashin, which means "grandmother and heart", this love is the love that a grandmother has for her grandchildren.

Welcoming all products with a constant mood because one loves them like a grandmother is the second attitude that the Zen cook carries within him.


The joy of gratitude ( kishin)

Seeing that the world is in our hands at every moment is to enter into gratitude while becoming responsible.

"There is no fabrication of reality, both ordinary men and saints live the reality of life. Basically nothing is missing. You are what you are now. You should pay attention to that!" *.

Nothing is lacking in us and therefore nothing is lacking in the world, no detachment is necessary when we are rich in the world and it is from this reality that the deep joy with which the tenzo cooks is born.

To understand that every day he has given us the means to live and to realise the world in his kitchen by working because we have arms and legs and that among the infinite parameters we are on this earth as humans is the joy that accompanies the Zen cook.

Seeing that each ingredient is life itself and that it is there for us brings gratitude and the desire to protect what we have been given.


* excerpts from "Eishingi" from Dogen's "Fushukuhampo" and "Instructions for the Zen Cook" chapters


the tenzo cooks for the three treasures:

- its awakened nature: our mind freed from the illusion of separation (Buddha)

- reality as it is and the framework for its activation ( dharma)

- the community: those who enable us to embody this life in motion ( sangha)


To nourish the three treasures is to nourish life, to nourish one's life and this can only bring us joy.

To be confident that by cooking one becomes the ingredient of universal life is a source of regeneration for oneself but also for others (systemic).

To be certain that even for oneself, as the head of the community of our universe (100 thousand billion bacteria!) including also our family lineage (our parents) and spiritual lineage (our masters), citizens (the men and women who gave their lives for our freedoms) we feed the great life that never stops, can only be an honour even when this practice does not erase, on the contrary, the recognition of all the suffering linked to food.




En Français

Il n' y a rien d'autre à faire que de contempler la vie et la réaliser . Rien d'autre à faire de vivre sa vie dans l'extraordinaire de son ordinaire.

En cuisine , comme dans l'assise sans objet ( zazen) , la pratique est de rentrer dans la grande absorption de cette Vie et la laisser s'activer à travers nous.

- En zazen on trouve son axe et ainsi enraciné dans le monde on trouve sa place, on habite sa place. Dans la posture de l’arbre déployé, droit on permet a la vie de reprendre tout son espace parmi les lianes de nos pensées passagères.

- En cuisine, on garde cet axe du temps/ existence ( Uji) , où dans le mouvement de chaque action on découvre le présent qui ne s'arrête pas qui nous met en pleine intimité avec notre environnement.


Le tenzo ancre sa pratique dans les 3 esprits:

L'esprit vaste ( Daishin en japonais)

Ne pas juger les ingrédients, ni une tâche à exécuter plus importante qu'une autre mais considérer toute chose comme l'opportunité de vivre sa vie découle de l'esprit large et reste l'exercice principale de la pratique méditative de la cuisine.

le cuisinier travaille toute l'année et bien que les ingrédients diffèrent, que le potager ne donne pas toujours en abondance, il doit faire avec ce qu'il a et avec cette même énergie enthousiaste car c'est dans cette énergie constante que seul les grands maitres se révèlent.

"Il est crucial de ne pas grommeler à propos de la qualité des ingrédients mais plutôt de cultiver un tempérament qui les voient et les respecte pour ce qu'ils sont réellement"*

La fonction du tenzo au sein d'une communauté , aussi petite soit elle, permet d'exercer sa capacité à accueillir toute chose sans jugement, "ne soyez pas négligent et inattentionés seulement pace que les ingrédients semblent rustres et hésitez à travailler plus diligemment avec des produits de qualités supérieure. Votre attitude envers les choses ne doit pas être contingente à leur qualité.Une personne influencée par la qualité des choses ou qui change d'opinion ou de manières en accord avce l'apparence ou la position des gens qu'elle rencontre n'est pas quelqu'un qui pratique la voie"*.

Le grand esprit c'est apprendre à ne pas juger les choses, les actions ou les autres car tout est notre vie. Cuisiner avec l'esprit large c'est être bienveillant avec soi même en prétant attention à nos gestes, aux ingrédients dans le plaisir de servir les autres.


L'amour de la grand mère ( roshin )

Voir que tout ce qui nous ait donné, que chaque ingrédient reçu est là pour nous faire vivre est une experience profonde qui génère l'empathie, c'est l'amour parental.

Roshin vient de robashin, qui veut dire "grand mère et coeur", cet amour est celui qu'une grand mère porte à ses petits enfants.

Accueillir tous les produits avec une constante humeur parce qu'on les aime comme une grand mère est la seconde attitude que porte en lui le cuisinier zen.


La joie de la reconnaissance ( kishin)

Voir que le monde est entre nos mains à chaque instant c'est rentrer dans la gratitude tout en devenant responsable.

" Il n'y a pas de fabrication de la réalité, les hommes ordinaires autant que les saints vivent tous deux la réalité de la vie. Fondamentalement rien ne manque. Vous êtes ce que vous êtes maintenant. Vous devriez faire attention à cela!" *.

Rien ne nous manque et donc rien ne manque au monde, point de détachement necessaire quand nous sommes riches du monde et c'est de cette réalité que nait la joie profonde avec laquelle le tenzo cuisine.

Comprendre qu'il nous ait donné chaque jour le moyen de vivre et de réaliser le monde dans sa cuisine en travaillant parce que nous avons des bras et des jambes et que parmis les infinis paramètres nous sommes sur cette terre en tant qu'humains est la joie qui accompagne le cuisinier zen.

Voir que chaque ingrédient est la vie en soi et qu'elle est là pour nous amène la gratitude et l'envie de protéger ce qui nous ait donné.


* extraits du "Eisheingi"provenant des chapitres du "Fushukuhampo" et" instructions au cuisinier zen " de Dogen


le tenzo cuisine pour les 3 trésors :

- sa nature réveillé : notre esprit libéré de l'illusion de séparation ( bouddha)

- la réalité telle qu’elle est et le cadre de son activation ( dharma)

- la communauté : ceux qui permettent d’incarner cette vie en mouvement ( sangha)

Nourrir les 3 trésors c’est nourrir la vie , nourrir sa vie et cela ne peut que nous mettre en joie.


Etre confiant qu’en cuisinant on devient l’ingrédient de la vie universelle est une source de régénération pour soi mais aussi pour les autres ( systémique).

Etre certain que même pour soi, en tant que chef de la communauté de notre univers ( 100 mille millards de bactéries quand même !) comprenant également notre lignée familiale ( nos parents ..) et spirituelle ( nos maîtres) , citoyenne ( les hommes et les femmes qui ont donnés leur vie pour nos libertés) nous nourrissons la grande vie qui ne s'arrête jamais, ne peut qu’être qu’un honneur même quand cette pratique n'efface pas , au contraire la reconnaissance de toute la souffrance liée à la nourriture.



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