L'assise accordée : 

« Quand je mange je mange, quand je dors , je dors » dit le sage , 

Ne faire que s’assoir pour ensuite ne faire que cuisiner, que manger pour simplement vivre mais pleinement vivre.

S’assoir est à la fois d’une simplicité désarmante car c’est notre assise naturelle, celle des bébés qui sans tensions se tiennent la colonne droite mais détendue sur leur sacrum et en même temps extrêmement compliquée car dans nos vies volontaristes nous avons perdu le sens de l’équilibre. 

Portés par nos pensées c’est souvent notre tête qui conduit notre corps , mentalement mais aussi physiquement. L’exercice de s’observer marcher peut-être intéressant pour situer notre manière de vivre dans le monde:  mettons-nous la tête en premier ou nos pas ? Marchons nous dans  la peur ou est-ce la confiance qui nous habite? 

Construire un dialogue avec son corps et lui donner l'espace nécessaire à l'involontaire est à  la base de l'assise. 

J'ai été formée par les jeunes moines de Soji-ji au japon et au bout de 3 ans d'une posture "parfaite" et rectiligne je me suis écrasée les disques jusqu'à devenir invalide plusieurs jours par mois. 

C'est ma rencontre avec Issho Fujita qui révolutionna non seulement mon assise mais ma pratique en entier . Nous ne décidons plus mais nous entrons en coopération , nous nous émancipons au sens propre dans la confusion du  corps- mental. 

S'assoir dans l'involontaire transforme notre rapport au monde.

​Aussi avant de m’assoir  et comme je l'ai appris avec Issho Fujita  dans l'esprit de la bienveillance  je crée "un espace de résonance" propice à l'équilibre naturelle de la posture: après quelques exercices de préparation d'inspiration orientale , on s''assoit et une fois l'axe posé, il n'y a rien d’autre  à faire que de laisser la gravité jouer et la colonne naturellement s'émanciper.  Sans tendre ni forcer quoique ce soit., on se détend dans la présence attentive.

Les pensées viennent et repartent ,  les bruits, les sons, les odeurs, les tensions, les détentes elles aussi coulent , nous visitent nous les laissons faire . Le souffle est accueilli simplement et de la même manière on le laisse trouver son rythme sans volonté .

 

Le principal quand on s'assoit je crois est de rentrer dans la bienveillance, se rappeler  qu’il n’y a aucun enjeu et que notre assise sera la bonne parce que celle qui se révèle aujourd’hui. Chaque personne est différente, chaque corps est différent , chaque jour est  différent, chaque écho du vivant est propre à la réalité du moment , chaque  zazen aussi.

Valérie D.H

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Comment se transformer collectivement par la nourriture ? 

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shôjin Ryôri

cuisine regénérative 

cuisine de la juste mesure  

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