Oryoki
Les bols de la mesure ajustée

Manger comme on vit, vivre comme on mange, dans la reconnaissance de l’abondance, dans la contemplation de la beauté du monde.Les oryoki sont le véhicule de notre miracle, celui qui par la grâce du souffle et de la nourriture nous fait vivre, nous permet de rire, d’aimer, de pleurer .C’est une posture, celle de l’accueil les mains offertes sans plus choisir ni demander et un regard celui qui dévoile notre humanité...

 

Le 0 de Oryoki signifie la circularité en mouvement de ce qui est donné, celui qui donne et ce qui est reçu . C'est une trinité :  le donneur ( cuisinier) nourrit celui qui mange ( pratiquants ) et ce qui se donne  ( la nourriture) est offert au cuisinier. Chacun est à la fois le receveur, le donneur et ce qui se donne.  C'est le mystère du don  qui n'existe que parce qu'il se redonne, que parce qu'il est en continuité mouvante.. C'est le principe de l'aumône où celui qui donne est celui qui reçoit et où celui qui mendie offre à l'autre l'opportunité d'activer sa générosité. 

Ryo est la mesure  ajustée au besoin profond de ce qu'il nous est nécessaire pour vivre en alignement avec la communauté du vivant ( nature, hommes, animaux) . Cette mesure ajustée se déploie dans l'assise contemplative de zazen et grâce à la cuisine aux 6 saveurs  du tenzo qui par sa manière de cuisiner offre  une satiété de la complétude aux pratiquants en leur offrant l'unique saveur de leur vie. 

Ki est la vaisselle , les contenants . 

offrande aux gakis
Oryoki automne
Oryoki de printemps
le goût du renouveau
Oryoki petit déjeuner

L'histoire de cette pratique remonte remonte aux  premiers temples Chinois qui dans un soucis d'autonomie vis à vis de la société confucéenne de l'époque ne pouvaient  dépendre des autres pour se nourrir. Une logistique  de la nourriture dût alors s'organiser afin de nourrir les moines  jusqu'à ce qu'un grand maître réalisa que cette activité était tout autant la pratique  que de s'assoir. C'était le maître Hyakujō Ekai  720 -814) qui  au 9 ème siècle consigna les rites de la table dans les règles pures de Baihzang qui devint le code monastique dont s'inspira toutes les écoles zen japonaises. 

Déployer la vaisselle des éveillés,  réaliser  la symbiose qui révèle notre interconnexion au cosmos et à tous les êtres est un activisme profond . 

A chaque repas , on peut recevoir et par le simple fait de manger redonner à la circularité du vivant.

Les 3 bols de la pratique zen de la nourriture  pour chaque jour activer la réalité unifiée; 

Pour chaque jour ,recevoir les ancètres, le soleil , la terre et tous les êtres à notre fête; 

Pour chaque jour être invité à la table de l'univers. 

Point après point,  dans l'esprit du Kesa nous cousons pour se nourrir et nourrir les autres de notre pratique 

le  manuel pour coudre 

les linges de vos bols 

The 3 bowls of Zen food practice for each day activate the unified reality; 

For each day, to receive the ancestors, the sun, the earth and all beings at our feast; 

For each day to be invited to the table of the universe. 

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Déployer ses bols 

Les 3 bols de base de la pratique de la nourriture où se déploie toute la nourriture du monde . 

Dans le premier bol on dépose la céréale traditionnellement non assasonnée car c'est le bol de l'évéillé qui se suffit du goût neutre, le second  bol reçoit le plat ou la soupe et le troisième les crudités simples, saumurées ou lacto fermentées.

Au petit déjeuner, c'est le porridege de riz que reçoit le premier bol, les crudités le second et le sel de sésame le troisième . Dans la version occidentale, on garde la céreale de son choix dans le bol du bouddha , dans le second on peut y mettre du granola et  dans le troisième des fruits cuits ou frais.

C'est en retraite que l'on se familiarise avec cette danse car c'est à déployer en communauté  les bols des éveillés que nous nous réveillons.

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Laver ses bols

Nettoyer ses bols c'est nettoyer sa vie, c'est chaque jour faire  avec ce qui se presente devant nous le mieux possible . Dans la pratique des oryoki nous faisons notre propre vaisselle. Ainsi iil n'y a pas de cassure entre l'avant et l'après d'un repas, tout est égal, tout est nourriture. Laver ses bols c'est continuer de se nourrir et comme l'eau est ensuite offerte aux êtres sensibles, à notre part affamée, à l'avidité du monde et surtout rendue à la nature nous ressentons profondément notre contribution au monde. A simplement manger puis à simplement laver, nous activons la roue de la vie , la nôtre mais aussi celles de tous les autres. 

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Envelopper ses bols 

 

Déployer ses bols et  se nourrir  aussi de cette fragilité du matériel puis les habiller à nouveau pour les protéger jusqu'au nouveau repas . Cela nous relie profondément à la réalité vivante du  non animé . 

Chaque Oryoki  est envelopé de plusieurs linges : 

- 1 pochette doublée coton 

- 1 grande serviette  coton ( carré) 

- 1 serviette moyenne ( rectangle)

- 1 serviette blanche découpée 

- 1 bonnette de setsu