Contempler  les saisons

Le printemps     

Les saisons chez Awami sont au nombre de 5 comme les 5 saveurs, les 5 textures , les 5 couleurs et les 5 contemplations . Elles  se confondent toutes dans l'unique saison  de notre vie au rythme de la terre, dans le silence profond  de notre existence confondue.

- le printemps

- l'été 

- l'automne 

- l'hiver 

- le renouveau 

Proposer une autre manière de cuisiner, se déplacer , en parler, partager ses  recettes est une pratique mais surtout du temps  aussi merci de m'aider à continuer ces partages   en soutenant l'association  .

Valérie Dai Hatsu

Pour nous accompagner durant la saison de  printemps  , entendons la 4ème contemplation:  

"Contemplons cette nourriture et voyons combien elle guérit notre corps en le nourrissant  "

L'équinoxe de printemps du 20 mars signe l'ouverture du grand réveil et pour la première fois il semble être synchrone avec  tous les êtres. Que ce soit dans le drame des hôpitaux  ou l'éclosion d'une fleur , c'est la saison d'un nouveau cycle qui commence. L'ancien est chassé, cassé et dans les larmes comme dans la joie nous entrons dans l'espace de l'inconnu. 

C'est en tous les cas une formidable opportunité de rentrer dans la pratique de la situation , de faire avec ce qu'il y a tel que c'est , fondamental au jaillissement du vivant . 

A ce sujet je vous invite à lire le texte " contempler l'incertitude" du blog  et de vous replonger dans ce poème percutant écrit au 13 ème siècle par un maître zen et d'une fulgurante actualité. 

Dans la pratique zen  monastique l'équinoxe incarne la pratique des qualités d'éveil ( les paramitta)  qui se manifestent symboliquement  quand la lumière est égale à la  nuit. L'année dernière à cette époque j'étais  à Soji - ji ( Japon)  pour  la cérémonie de la nourriture et un déjeuner avec le tenzo du temple que j'ai partagé dans un texte sur le blog également. 

Voilà , mais pour nous dans cette pratique séculière de notre vie telle qu'elle est ce sera l'occasion de respirer , s'assoir , cuisiner et manger  dans le mouvement qui sera le notre simplement facilité par la communauté , le fait de faire ensemble.  

Aussi commençons par poser le cadre  de ce qui pourra ainsi émerger et pour l'anecdote vous pouvez  lire ici  comment cette pratique est née :

L’esprit : 

Choisir de se relier profondément à la vie de chez soi c’est rentrer dans la pratique de la situation, principe fondamental à la vie qui rejoint celui de la résilience . Faire avec ce qu'il y a  en premier lieu nous même , tel que l'on est l'exercice de la confiance. Vous ne serez peut être pas seul(e), devrez travailler, sortir , peu importe l’engagement est de s’occuper de votre vie en ne « vous en occupant plus », de suivre le déroulement du planning  afin de ne plus décider  ( ou un minimum) et redonner à votre être l’espace  de  l’intuition libérée de vos choix. 

On ne peut remplir une tasse de thé  déjà pleine, aussi une retraite c’est devenir la tasse vide qui reçoit le breuvage, c’est être le bol vide qui reçoit la nourriture et pour cela il n’y a rien d’autre à faire que de se laisser prendre par la main. 

L’autre principe essentiel de la pratique c’est la bienveillance à soi qui passe par la confiance en votre choix. Cette pratique est celle de l’alignement  qui crée l’espace nécessaire à l’émancipation de la vie, à la résonnance du vivant , à l’action juste ( naturelle)  : soyez en certain, les patriarches  et les matriarches ( moines et laïques)  de la lignée sont là pour l’attester et vous accompagneront.

Aussi tout ce que vous avez à faire c’est instant après instant  de rester en pleine présence, que ce soit dans l’assise, à respirer ou à manger ( Shikanta dans notre jargon) soyez pleinement là où vous êtes et quand les pensées s’échappent , revenez à ce que vous faites . Ce n’est pas toujours facile , et en même temps il n’y a aucun enjeu de réussite, juste laisser passer la vie qui s’écoule.

Simplement s’assoir , simplement  cuisiner, simplement  manger. Juste cela ,  non pas à s’observer mais à vivre pleinement ce que nous sommes en train de faire Ainsi, à ne faire que cela sans polluer l’ espace sacré de notre réalité nous nous faisons traverser par l’univers. A s’aligner de cette manière, nous devenons naturellement  l’action juste et activons le principe inclusif de notre nature profonde :  « la vie qui nourrit la vie par la vie ».

Concernant la parole, elle peut être polluante comme nourrissante. Parler peut être silencieux et se taire extrêmement bruyant , aussi laissez-vous guider par la parole juste générée par l’assise et la cuisine. 

Et surtout rappelez-vous que de  détendre son être, que  simplement d’apprécier la beauté de notre nourriture , que de contempler sa vie est l’un des  plus beaux cadeaux que nous puissions offrir au monde, celui de notre détente , de notre accueil sans jugement de la vie telle qu’elle est . 

C’est un activisme spirituel, celui de la contemplation  qui nous transforme dans la réconciliation avec le vivant et fait jaillir  la joie d'agir. 

Le planning 

Suivre un programme permet de «  s’oublier » , c’est aussi une motivation quand on sait que ce programme est suivi par d’autres, et dans ce lien invisible mais bien réel  une activation de notre vie et de celle des autres . Néanmoins,il ne doit pas être une rigidité , un prétexte supplémentaire de séparation au monde. 

Le fondamental de la cuisine de la bienveillance est la pratique de la situation . Cette pratique surgit en lien avec le programme ( on fait avec ) mis aussi avec ce qui advient dans nos vies ( mon mari ou mes enfants ont besoin de moi, ce mail urgent ) et votre attention se portera sur l’action juste à réaliser  sans culpabilité aucune . 

Si vous êtres seul(e) et avez du temps je vous recommande bien sûr de le suivre au plus près mais si vous êtes en famille adaptez le. Venir aux assises zoomzazen , intégrer la contemplation avant le repas sans faire les menus suggérés ni même cuisiner sera tout aussi opérant si c'est là votre situation pour aujourd'hui.  

C’est dans cet ajustement que vous intégrerez la pratique au quotidien et non dans un idéal souvent construit pour éviter de s’engager dans la bienveillance à soi qui aime les petits pas. 

 

Les menus 

Ces propositions ne sont que des suggestions et  doivent s’adapter à d’autres ingrédients. L’idée principale est la pratique de la situation, toujours, de faire avec ce que l’on a. Néanmoins quand on aura l'occasion de s'organiser , avoir un fond de cuisine sufisement varié est propice à la cocréativité ( on ne cuisine jamais seul mais avec tout l'univers) .

Et avant de se mettre à cuisiner  on  pose son attention: 

  • Ne pas préjuger de la situation avant de la vivre , entrer en cuisine comme un enfant , juste curieux et disponible 

  • Dans chacune des tâches être en présence active, concentré certes mais en totale ouverture 

  • Etre à l’écoute de  l’intuition de faire et s'ajuster par l'action accordée

La pratique des Oryokis :​

Véritable cœur de la pratique de la cuisine de la bienveillance le moment du repas est la pratique de la réalité telle qu’elle est. Nous recevons le monde, tel qu’il est matérialisé par un menu de saison , en miroir de la réalité. 

Vous pourrez pratiquer à l’assiette ou dans la tradition des bols : les vidéos du site pourront vous guider dans la pratique des bols  . Faites au mieux, ne vous inquiétez pas , il n’y a pas d’erreur possible à pratiquer l’amour de sa nourriture ! 

L'assise accordée

La pratique intemporel de zazen, depuis Shyakkayamuni jusqu'à nous, une assise sans méthode ( lien S'ASSOIR) telle que le pratique le zen, dans la posture libérée du volontarisme . 

Le  rituel d’ouverture: 

Tous comme les enseignements , les rituels sont des cadres permettant la fluidité et la l’harmonisation  de la pratique avec son environnement. Faire un rituel d’ouverture et de fermeture c’est appeler durant le temps de la pratique toutes les matriarches et les patriarches qui avant nous ont pratiqués et c’est bénéficier de leur soutien. Peu importe la forme, l’important est qu’elle vous parle, pour ma part j’aime faire un bouquet de saison accompagné d quelques fruits un bouddha, un encens , une bougie que j’allume . Puis je remercie l’univers et les  ancêtres de me donner l’opportunité de pratiquer. je m’incline les mains jointes  dans le geste de me rassembler à l’univers et la retraite est ouverte !  De la même manière, je remercie en fin de retraite et je clos la retraite en éteignant la bougie.  Traditionnellement la bougie reste allumée tout le temps de la retraite mais par  sécurité  mieux vaut l'éteindre par chaque zazen.

Préparer son espace est également un rituel , celui de prendre son de soin de son être  profond en considérant important de lui consacrer un espace  . Mais s’il vous est difficile de garder un endroit en particulier , allumer une bougie là ou vous vous asseyez et ce sera très bien. L’important est l’engagement intime de créer  cet espace mais il  n’a pas besoin de s’incarner de manière grandiose. 

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